Je suis un ado... Et alors ?

Par Frédérique Moulinier Fuentes, médiatrice familiale chez Familya Lyon

 

Les portes qui claquent, l’air exaspéré, les yeux au ciel, les « pffff » ou les « je gère »…est- ce que tout ça n’est pas un peu caricatural ?

« Mon ado ma bataille »…. « Petit décodeur de l’ado en crise »… « Il me cherche »… « J’ai un ado mais je me soigne », on pourrait citer beaucoup d’autres titres de livres qui étiquètent les ados comme des « aliens » ou comme des êtres particulièrement pénibles.

©Alexandra BRIJATOFF "Kiffe ta life, t'as un ado"​ Edition MARABOUT

L’adolescent est une personne comme les autres. On peut aussi le voir comme une personne mature, pensante, touchante et à la recherche d’idéal. L’adolescence n’est pas un problème. Ce n’est pas l’adolescent qui est en crise, c’est la relation des adolescents avec les parents qui est bousculée.

En tant que parent on cherche toujours cet enfant qui nous regarde avec admiration, celui qui nous réclame un bisou, celui qui nous parle, celui qui dit « Oui maman, oui papa », celui qui nous fait des dessins... Tout d’un coup (parce qu’on n’a pas voulu le voir plus tôt), notre enfant revendique sa liberté, exprime (assez maladroitement parfois) ses désirs, préfère ses copains à NOUS, veut tout faire tout SEUL. Il ne vous raconte pas sa vie. SA vie, ce n’est pas la vôtre. Et celui qui vous chérissait tant, aujourd’hui ne veut SURTOUT pas vous ressembler et il le dit haut et fort.

Alors oui, il souffle, parfois. Oui il claque les portes, souvent. Mais c’est pour se faire comprendre.

 

Pour communiquer avec les ados, il est préférable de comprendre qui ils sont.

L’adolescence c’est d’abord le moment de tous les changements : transformations physiques, transformations cérébrales, transformations hormonales, transformations psychiques, transformations sociales.

C’est aussi, une manière de vivre : appartenir à un groupe, s’habiller de telle ou telle façon, utiliser tel ou tel code (verbal, vestimentaire). Les adolescents ont leurs codes, leurs valeurs, leurs symboles et c’est normal que ce ne soit pas les nôtres.

Pour les comprendre il faut tenir compte de toutes ces transformations et de l’impact que cela peut avoir sur leur attitude, leur façon de penser, leur manière de réagir.

Le cerveau des adolescents est en pleine transformation.

Olivier REVOL, écrit « le cerveau des ados c’est comme un bolide avec des mauvais freins ».

 

Le cerveau n’arrive à maturité qu’à l’âge de 25 ans. De récentes études parlent même de 30 ans !

Mieux comprendre le décalage entre le cerveau émotionnel et le cerveau rationnel à l’âge de l’adolescence peut aider les parents et les ados eux-mêmes à dédramatiser. La difficulté à anticiper, le manque de réflexion, les tsunamis émotionnels font partie du développement normal du cerveau de l’ado. Chez l’ado les émotions contrôlent souvent la raison.

Je suis particulièrement touchée par le courage et la détresse que viennent exprimer les adolescents en médiation ou en groupes de paroles et par ces parents d’ado qui ont parfois un peu oublié qu’ils sont passés « par-là » et qui cherchent à faire au mieux pour dialoguer avec leurs enfants.

 

Comment accompagner l’adolescent ? Comment soutenir les parents d’ado ?

  • La médiation familiale parents-adolescents propose aux ados et aux parents en situation conflictuelle de se rencontrer pour tenter de rétablir le dialogue.
  • Les groupes de paroles pour les ados de parents séparés proposent aux ados un lieu pour s’exprimer et partager entre ados leurs émotions et leurs interrogations.
  • Les ateliers pour les parents d’ados abordent des outils de communication pour instaurer un climat de communication bienveillante dans la famille, à la lumière de ce que traversent nos enfants à l’adolescence.

 

Par Frédérique Moulinier Fuentes, médiatrice familiale D.E. chez Familya Lyon

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